La Guerre des Front(s) Démocrate(s) aura bien lieu

Dtom.fr vous propose à nouveau cet article initialement paru dans ses colonnes en date du 20 Juillet 2014 : il a son importance car cité sur la page Wikipédia du Front Démocrate et il apporte un certain regard sur la naissance à l’époque de cette nouvelle formation politique aujourd’hui composante de la majorité macroniste… tout comme le MoDem. 

A gauche, le Front Démocrate de Jean-Philippe Jouvenel, à droite celui de Jean-Luc Bennahmias

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Ils se pensaient indispensables auprès de François BAYROU et croyaient que leur escapade marseillaise des Municipales en terres mennuccistes passerait comme une lettre à la Poste, aussitôt envoyée, aussitôt pardonnée. Il n’en fut rien. Christophe Madrolle et l’ex Vert Jean-Luc Bennahmias furent exclus du parti alors que le MoDem avait apporté officiellement son soutien à Jean-Claude GAUDIN, réélu triomphalement contre toute attente. La pilule ne passant pas chez l’écolo-démocrate, ce dernier a décidé à la mi Juin 2014 de créer le « Front Démocrate », « inspiré du Parti Démocrate des USA » et dont le lancement officiel se fera le 27 Septembre 2014. L’inspiration a toutefois ses limites, vu que l’orientation, écologiste et sociale, sera clairement de Centre Gauche, ne rejetant pas les alliances à l’avenir avec le PS. Tout allait pour le meilleur des mondes pour l’ex eurodéputé (de 2004 à 2014) si ce n’est jusqu’à l’apparition ou plutôt… réapparition d’un autre Front Démocrate, celui de Jean-Philippe Jouvenel, crée en Septembre 2011, think tank de discussion avec l’ensemble des partis politiques, et pas seulement de Gauche. L’intéressé, dans une tribune sur le site du Front Démocrate « originel », dénonce cette attitude : 

« Cela en fait-il un problème pour cet ancien député européen EELV puis MoDem ? Non, on prend le nom et on joue la carte de la loi du plus fort en usant de tous ses contacts politiques (notamment PS) et médiatiques pour s’imposer et écraser l’existant.

Utiliser la loi du plus fort dans un discours se voulant démocrate et se réclamant du conseil national de la résistance, en dehors des aspects légaux, sur le plan de la morale politique, n’est-ce pas une certaine illustration de la véracité de ses convictions ? » 

Ajoutant par ailleurs sur la nature de ses rapports avec les bras droits de Bennahmias : 

« Le 19 juin, j’ai finalement été joint par téléphone par Christophe Madrolle, qui se présente comme son bras droit, puis Cyril Chadé, de la société Polydea, qui se présente comme chargé de la comm’ et du web du Front démocrate de Bennahmias. Si Madrolle a tenté de me faire croire qu’il ignorait tout de notre existence avant le lancement de leur parti, Chadé a été beaucoup plus cru : il nous avait bien vu, mais a estimé que nous étions négligeable… Et, même s’il avait vu le formulaire de contact du blog, il n’a pas jugé opportun de nous contacter… Bien gentiment (si, si), il m’a proposé de contribuer pour eux (écrire mes textes pour qu’ils se les approprient, petite traduction pour les nouveaux en politique). Gentil non, pour s’assoir sur 3 ans d’antériorité et l’éradication de notre travail ? Un accord ? Pourquoi faire ? »

A la lecture de cette tribune, on apprend par ailleurs que Cyril Chadé avait déposé « Union Démocrate ». Un dépôt INPI datant en effet du 19 Avril 2014, révélant les véritables intentions et idées de Bennahmias. Cependant, il a du certainement y renoncer en estimant les tensions possibles avec l’UDI, dont le nom et l’acronyme auraient été très, trop proches. 

Capture d’écran du dépôt INPI de « Union Démocrate »

Cohabitant sur les réseaux et sur les blogs, leur affrontement s’est justement déplacé sur le terrain de l’INPI. Ironie du sort… ou pas, Jean-Philippe Jouvenel et Cyril Chadé sont tous les deux lyonnais et ont fait leurs dépôts à deux jours d’intervalle. Le premier a avoir dégainé est le responsable de la société Polydéa qui a déposé logo et nom le 17 Juin 2014 sous les classifications de Nice 35 (publicité), 38 (télécommunications) et 41 (éducation). A cette heure, le statut est toujours celui de la « demande publiée » et non « marque enregistrée ». Tout en sachant que la demande pourrait être « enregistrée » ou tout simplement «demande totalement rejetée ». Jean-Philippe Jouvenel est venu effectuer son dépôt 2 jours plus tard par voie de dépôt électronique également, sans déposer de logo, puisqu’il estime que son logo, sans forme ni figure est purement manuscrit. Le caractère manuscrit d’un dépôt de nom est également supposé empêcher tout autre dépôt, sauf de logo mais de fait inutilisable. Autre différence concernant son dépôt, il y a ajouté la catégorie 16 (produits de l’imprimerie), permettant le dépôt sur des objets dérivés et notamment… des imprimés et tracts.

On s’imagine aisément sur quel terrain leur affrontement va désormais se déplacer, Jouvenel pouvant estimer le préjudice moral et intellectuel subi comme évident mais aussi l’occasion rêvée de relancer son Front Démocrate qui était depuis sa naissance dans son jus, sans grande activité ni reconnaissance médiatique. 

Capture d’écran des 2 dépôts INPI « Front Démocrate »

La LDC (Ligue de Défense des Conducteurs) : le 1er parti des automobilistes ?

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications 

La Secrétaire Générale de la LDC Christiane BAYARD mène le « combat » depuis les premières heures et ne devait certainement pas s’attendre à de tels succès dans le pays où les droits de l’automobiliste et de la voiture ne cessent de reculer au fil des coups portés depuis le premier choc pétrolier par la sécurité routière (celle qui s’émeut d’une pub où un coupé français dépasse un train et qui n’a jamais vu la saga « Taxi » d’un très bon œil), les associations de victimes de la route, les écologistes (EELV, Yann Artus Bertrand, Jean Jouzel, Denis Baupin, Yves Cochet, Nicolas Hulot…) les anticapitalistes, les socialistes parisiens (Bertrand Delanoe, Ségolène Royal (ministère), Anne Hidalgo…), les utilitaristes et cyclistes notamment.

Et ce n’est pas les quelques satisfactions comme Béthune (UDI), Angers (LR) ou Saint-Omer (LR) qui sont revenues en 2014 sur des voies piétonnes pour relancer la circulation et la fluidité ou le recul du Maire de Mouans-Sartoux (à l’époque André Aschiéri) en 2008 sur son idée de péage urbain qui changent une tendance générale de plus en plus étouffante pour une majorité trop silencieuse de contribuables-automobilistes.

Pourtant, à l’instar de 40 Millions d’Automobilistes, la LDC inflige de sacrés revers aux adversaires des « 4R » : 2009 sur le 110 km/h sur Autoroute, 2010 : réduction du délai de récupération de points pour les petits excès de vitesse, 2011 : sur l’absence d’information de la présence de radars, 2012 : sur le refus de contrôle technique annuel, 2012 et 2013 sur le refus de l’éthylotest obligatoire (qui existe néanmoins dans les transports publics : bus), 2013 à 2014 : sur la baisse des limitations de vitesse prévues à l’époque, 2015 : sur le refus du périphérique parisien à 50 km/h, 2015 : sur le durcissement des conditions de baisser la vitesse à 90 km/h sur les routes, 2016 : refus de contrôle permanent des données conducteur (même si le combat continue comme l’estime elle-même la LDC), 2016 : sur la proposition du premier amendement anti-radars co-signé par 44 députés.

La nouvelle baisse des limitations de vitesse dans le viseur de plus de… 2.000.000 de pétitionnaires :

La Ligue de Défense des Conducteurs est déjà arrivée à faire plier nombre de gouvernants depuis 2009 grâce à des pétitions signées par 200.000 à 500.000 personnes en général.

Mais on pourrait dire « par seulement » 200.000 à 500.000 pour des sujets bien plus graves qu’une baisse de 10 km/h sur les routes nationales comme départementales (dont l’expérimentation ne fut « pas très concluante » selon Europe 1). 

Il n’en fallait d’ailleurs pas plus pour que le  »bon petit soldat de la bien pensance » (Le Monde) monte au créneau le 28 Décembre 2017.

Pourquoi ? Parce que la LDC a décidé de sortir l’artillerie lourde : outre ses nombreux articles et lettres sur le sujet, quand on tape dans le principal moteur de recherches « la baisse de la vitesse à 80 km/h » on tombe sur le premier lien très bien référencé en annonce sponsorisée… du site de la LDC.

(Ce qui sera encore possible si le Pouvoir ne décide pas un beau jour que défendre le droit des automobilistes lors d’une campagne électorale constitue une « fake news à déréférencer » (il n’y a en effet qu’à voir comment certains se sont crus investis d’une mission divine en voulant « hoaxbuster » la LDC lors de l’année présidentielle 2012, juste après la Présidentielle et les Législatives).

Cette campagne acharnée de ce que l’on pourrait appeler le « premier parti des automobilistes » semble porter ses fruits puisque la pétition-lettre ouverte à Emmanuel MACRON en est à son 2.100.483 ème signataire à la date du Vendredi 5 Janvier 2018 à 20h10 et 01 seconde. 

Un succès sur lequel plus aucun média ne peut faire l’impasse. Ainsi, encore le Jeudi 4 Janvier 2018 Nice Matin, considéré comme le plus grand quotidien du Sud Est écrivait sur le sujet dans sa rubrique « France ». 

La pétition s’adresse en même temps au Ministre de l’Intérieur et dit ceci :

« Monsieur le Ministre,

Attendu que vous projetez de baisser les limitations de vitesse à 80 km/h sur les routes ;

Attendu que déjà, avec les limitations de vitesse actuelles, plus de 46.900 PV pour excès de vitesse sont dressés chaque jour, et 13 millions de points de permis sont retirés chaque année ;

Attendu que, sur des routes truffées de radars-pièges (fixes, mobiles, et bientôt l’armada de voitures-radars avec chauffeurs), une baisse des vitesses-limite entraînera une explosion totalement insupportable des PV ;

Attendu que cette baisse n’a aucun fondement en matière de sécurité routière – on dispose même de données qui montrent qu’augmenter la vitesse ne nuit pas à la sécurité : en 2012, la vitesse moyenne a augmenté en France. Et pourtant, le nombre de tués sur la route a diminué de presque 8%. C’était déjà le cas entre 1998 et 2002, avec une baisse du nombre de décès sur les routes de 15 % ;

Je vous demande de mettre un terme immédiat au projet de baisse des limitations de vitesse. » 

Dans un même temps, la ligue adresse une autre pétition à Gérard COLLOMB contre la privatisation des radars mobiles embarqués.

Celle-ci recueille à cette heure selon la LDC 369.065 signatures.

Fidèle à son combat « contre la répression absurde », elle s’attaque aussi à la répression écologiste en publiant et en vendant (10€ comprenant 3€ de frais de port) un livre blanc sur l’automobile et son avenir intitulé « Et si l’avenir, c’était la voiture ? ». 

Est-ce que ces nouveaux combats seront aussi couronnés de succès ?

Wait and see…