La (mauvaise) hypothèse du « Nouveau Front » ?

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Bientôt « NF » plutôt que « FN » ? Le feuilleton de la « rebaptisation du Front National » est l’un de ceux qui durent le plus outre celui de la « dédiabolisation » au sein de la principale formation de l’Extrême Droite française.

Après le « RN » pour « Rassemblement National » lors des Législatives de 1986 puis comme double nom de groupe parlementaire lors de la VIII ème Législature (2 Avril 1986 au 14 Mai 1988) et qui est désormais le nom d’une formation politique indépendante de tout « lepenisme », se situant entre le RPF et le FN, après l’éphémère RBM pour « Rassemblement Bleu Marine », après « ARN » pour « Alliance pour un Rassemblement National » déposé à l’INPI en Janvier 2012, après « Parti Patriote » d’inspiration Buissonienne, après « Les Patriotes » … qui n’est autre aujourd’hui que la formation de Florian PHILIPPOT, après « NFN » pour « Nouveau Front National » ou encore « SN » pour « Solidarité Nationale » faisant à la fois trop proche de S&P (Solidarité et Progrès de Jacques CHEMINADE) et de Réconciliation Nationale (Soral et Dieudonné) c’est désormais… « Nouveau Front » qui est envisagé sans pour autant être confirmé. 

Il est vrai que la ficelle a déjà été utilisée à l’époque par l’UDF qui s’était rebaptisée en… Nouvelle UDF (Novembre 1998) sous prétexte d’absorber quelques petites formations centristes, ce que le FN a déjà plus ou moins fait depuis 2012 avec le RBM même si ces dernières d’Extrême Droite apparaissaient plus « maison » qu’autre chose. 

Les spéculations médiatiques reposent surtout sur le nom de la tournée de la patronne du Front : « tournée Marine en avant pour un Nouveau Front », sur quelques déclarations au cours de cette tournée mais aussi sur la question du changement de nom dans un questionnaire adressé aux 51.000 adhérents à jour de cotisation. 

Ce « Nouveau Front » qui fait tant couler d’encre… Capture d’écran visuel tournée MLP. 

Deux obstacles majeurs à l’utilisation de ce sigle :

La première (et pas des moindres), c’est l’ombre du Menhir, son père et fondateur de son parti, Jean-Marie LE PEN, celle qui lui sera plus pesante que jamais en ce début d’année 2018 et ce pour plusieurs raisons : 

exclu du parti en Août 2015 à la demande de sa fille à la suite de sa récidive sur la Shoah, le Député Européen a contesté devant la Justice son éviction et notamment celle de sa Présidence d’honneur du parti. La Cour d’Appel de Versailles devra d’ailleurs se prononcer sur le sujet le 9 Février 2018 (Edit du 09/02/18 : il a gardé sa présidence d’honneur et a fait savoir qu’il se rendra au congrès, y compris avec l’aide de la « force publique » alors que le Secrétaire Général du FN Steeve BRIOIS a déjà dit que l’accès à celui-ci lui sera interdit) juste avant le 16° Congrès du parti les 10 et 11 Mars de la même année où les adhérents devront se prononcer sur la suppression… de la fonction de Président d’honneur. 

Le doyen de la vie politique française, pas en reste, sortira le 1er Mars 2018 chez l’Editeur Muller (plutôt spécialisé dans les mémoires de Guerre) le 1er tome de ses mémoires qui promettent d’être explosives : 500 pages (ou presque) allant de sa naissance le 20 Juin 1928 à la Trinité-sur-Mer jusqu’à la fondation de son parti avec l’aide d’Ordre Nouveau : le FN, le 5 Octobre 1972. 

Il sera dans un premier temps tiré à 40.000 exemplaires et un deuxième est d’ores et déjà prévu pour 2019… année des Européennes où l’élu européen sortant essayera sans doute de se faire réélire mais sans pouvoir bénéficier du soutien du FN : probablement avec ce qui reste des Comités Jeanne ainsi qu’avec l’UDN (Union de la Droite Nationale : Parti de la France de Carl LANG, MNR fondé par Bruno MEGRET et NDP fondé par Robert SPIELER). 

Outre les querelles familiales actuelles, le leader historique du FN n’a jamais caché son agacement quant à l’idée de changement de nom qu’il imputait jadis… à Florian PHILIPPOT : 

« le nom FN a un mérite rare dans cette famille politique : c’est la pérennité ».

C’est d’ailleurs suite à ce nouvel affrontement familial (et familial politique) qu’un autre problème pourrait revenir comme un boomerang dans la figure de la Députée d’Hénin-Beaumont : sa nièce, Marion MARECHAL-LE PEN.

Un autre problème, sautant moins évidemment à l’esprit (et pourtant…) est que le sigle « NF » fait déjà allusion à deux choses :

une norme de certification plus ou moins officielle (comme « NF Environnement », norme dépendant du groupe AFNOR)

et au mouvement politique de la députée européenne Michèle ALLIOT-MARIE (Nouvelle France) qui à notre avis se rangerait difficillement de côté pour faire plaisir au FN qu’elle a toujours combattu. 

Nouvelle France, mouvement de Michèle ALLIOT-MARIE

Un changement de nom ? Philippot n’y croit pas (plus).

Cité dans la rubrique « Les Exclusifs » de l’Express N°3468 de la semaine du 20 au 26 Décembre 2017 le Président des Patriotes estimait pour sa part que « (le FN va) considérer que les militants sont suffisamment destabilisés comme ça, qu’il ne faut pas en rajouter ».

Ardent partisan d’un changement de nom du parti lorsqu’il était N°2 de ce dernier, Florian PHILIPPOT estimait cette étape comme « nécessaire » dans la stratégie de dédiabolisation du parti et qu’il aurait déjà du en changer après les Départementales de 2015 qui n’avaient pas été à la hauteur des espérances.

Wait and see…

Interview exclusive de Carl LANG, Président du Parti de la France (PDF)

Dtom.fr vous propose à nouveau cet article initialement paru dans ses colonnes en date du 26 Novembre 2014. Il a son importance car cité sur la page Wikipédia de Carl LANG et constitue l’une des très rares interviews de cet homme politique qui se revendique de la « Droite nationale ».

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications 

Je rencontrais Samedi 22 Novembre 2014 dans un restaurant à Nice le Président du Parti de la France, Carl LANG venu rencontrer ses troupes maralpines et le nouveau responsable de sa toute nouvelle section mentonnaise. Des troupes remontées à bloc venues acclamer l’Espoir d’une fédération de la Droite Nationale et patriote déjà débutée en 2011 avec la création de l’UDN, Union de la Droite Nationale, dont le MNR jadis de Bruno MEGRET et la NDP, Nouvelle Droite Populaire font partie.

JRL : « Bonjour Monsieur le Président ».

CL : « Bonjour. »

JRL : « En ce jour de lancement de la section mentonnaise et de votre visite dans les Alpes Maritimes, dtom.fr vous a proposé de vous rencontrer et de réaliser votre interview. Tout d’abord, nous allons procéder à votre présentation. »

CL : « Le Parti de la France a été fondé en 2009. Pour ce qui me concerne, de 1978 à 2008, c’est à dire entre ma vingtième et ma cinquantième année, j’ai été membre du FN. A deux reprises son Secrétaire Général de 1988 à 1995 et de 1998 à 2005. Député Européen de 1994 à 2009 et Conseiller Régional du Nord Pas de Calais de 1992 à 2010. J’exerce, et de nouveau, ma profession de masseur-kinésithérapeute. »

JRL : « Présentez nous votre parti, le Parti de la France ainsi que l’UDN, l’Union de la Droite Nationale. »

CL : « Le Parti de la France est un parti de Droite Nationale et Européenne. J’insiste sur : Droite, Nationale et Européenne. Dans le domaine économique, il défend les valeurs de Droite de promotion de l’entreprise, du travail, des libertés économiques, du refus de l’étatisme, du fiscalisme et du collectivisme. Des valeurs pour sortir la France de l’ornière économique et sociale dans laquelle elle se trouve. A la fois national et européen car je considère en effet qu’il faut réaffirmer les droits du Peuple Français à disposer de lui même et à rester lui même. Fier de son histoire, de son identité, de sa culture. Mais cette démarche nationale s’inscrit dans un enjeu de civilisation. Notamment de la défense des valeurs européennes et chrétiennes. Tous les patriotes des nations d’Europe devront relever ensemble au cours du 21 ème siècle les mêmes défis : démographique, migratoire, culturel, islamique et économique et social. » 

Crédit photo Flaview – Rencontre avec Carl LANG à Nice – 22/11/14

JRL : « Aujourd’hui, quelles sont les relations que vous entretenez avec le FN, notamment depuis Brignoles ? Jean-Paul DISPARD, ancien Conseiller Général frontiste, puis candidat du Parti de la France lors des élections cantonales partielles d’Octobre 2013 est-il toujours en relation avec ce dernier ? »

CL : « A ma connaissance, non et je conserve un certain nombre de relations personnelles avec des dirigeants et militants du FN. Mais le FN de Marine LE PEN refuse tout contact avec la véritable Droite Nationale et ce au nom de son obsession à la normalisation médiatique d’où la dérive toujours plus à Gauche de son discours. Pour le reste le Parti de la France est favorable au rassemblement le plus large possible de toutes les composantes de la Droite Nationale et patriotique. Nous devons nous organiser ensemble au nom de l’intérêt national et quelques soient nos différences de sensibilités afin de préparer le redressement français. »

JRL : « Outre les relations que vous entretenez avec le MNR et la NDP et des associations politiques ou des non relations avec le FN, entretenez vous des relations avec d’autres partis comme DLF (Debout La France), le RPF, Ligue du Sud, CPNT ou bien des associations politiques et mouvements tels que la Manif Pour Tous, le Printemps Français ou bien l’Avenir Pour Tous de Virginie TELLENNE alias Frigide BARJOT ? »

CL : « Par principe, le Parti de la France est favorable au développement de toute forme de coopération et d’action avec les organisations, associations et politiques qui agissent dans le sens du redressement national et de la défense de la Patrie. Je crois que l’avenir, par souci d’efficacité, imposera les modes de collaborations et d’actions communes. Je crois à l’Union des droites. Je n’ai pas d’ennemi à Droite. » 

Crédit photo Flaview – Carl LANG avec Jean-Claude FRAPPA, Président du Parti de la France 06 lors de la réunion à Nice avec les adhérents et sympathisants – 22/11/14

JRL : « On l’a vu récemment, le Parti de la France se relance sur les réseaux internet : nouveau compte officiel twitter, le Réinfo, la nouvelle présentation du site national, pouvez-vous nous en dire plus ? »

CL : « Nous constatons la Politique du système d’omerta pratiqué à l’endroit du Parti de la France par les grands médias partisans du système et nous ne pouvons donc que compter sur nous même. Le système médiatique a concédé pour des raisons stratégiques utiles à la Gauche un monopole à Marine LE PEN en dehors de l’UMP et des autres partis du système. Nous avons donc mis en place un nouveau pôle de communication sur notre site internet avec des magazines bimensuels de réinformation et 1 ou 2 fois par mois des invités politiques qui ne sont pas nécessairement membres du Parti de la France. Nous espérons à ce titre avoir le plaisir de recevoir le Président du RPF dans le souci d’établir des liens politiques plus importants parmi les représentants de la vraie Droite Française. »

JRL : « Le Parti de la France sera t-il sur la ligne de départ des départementales (ex cantonales) et régionales et aux côtés de qui ? »

CL : « La réponse à cette question est liée à nos capacités de financements des campagnes électorales. Nous ne disposons pas de financements publics. Ce sont les militants qui financent. Nous concentrerons probablement nos efforts dans certains secteurs ciblés de ce que j’appelle « le harcèlement électoral » et ce dans l’attente de pouvoir dans le futur mener de grandes batailles rangées politiques. Dans cet esprit, le Parti de la France et l’UDN peuvent soutenir d’autres secteurs de candidats patriotes qui défendent les principes et nos valeurs. Je reste favorable à l’Union à la base des patriotes de la Droite Nationale. »

JRL : « Si on vous dit aujourd’hui « Jean-Marie LE PEN », cela vous inspire quoi ? »

CL : « Je pense que Jean-Marie LE PEN a eu l’immense courage de fonder et porter le FN depuis plus de 40 ans. Aujourd’hui il est marginalisé dans son propre mouvement. Sa fille et son entourage n’attendent avec impatience qu’une chose : qu’il disparaisse de la vie politique. »

JRL : « On a notamment lu votre communiqué concernant l’élection de Monsieur Pierre-Marie VERDIER à la tête de la commune de Besmont (02) sur une liste d’intérêt communal. Combien d’élus composent votre parti, et notamment de maires, maires adjoints, élus Parti de la France ou Divers Droite (DVD), etc… ? »

CL : « Je ne peux répondre à cette question puisque nombre ont été élus sur des listes d’intérêts communaux. Ce qui est clair aujourd’hui c’est que nous recrutons beaucoup d’élus locaux, déçus ou trahis par l’actuel FN et qui ne se retrouvent plus du tout dans le discours de souverainisme de Gauche de Marine LE PEN et Florian PHILIPPOT. Nous sommes un pôle de ralliement pour beaucoup de militants de la Droite Nationale, militant pendant des années au FN. »

JRL : « Serez-vous candidat à la Présidentielle et si oui, quelles sont vos espérances pour ce scrutin ? Si élu, quelles seraient les premières mesures que vous prendriez et quels seraient les noms sur lesquels vous pourriez compter pour former un gouvernement ? »

CL : « Au moment où nous parlons, notre objectif pour 2017 est de présenter des candidats aux élections législatives avec le souci de contribuer au rassemblement le plus large possible de candidats de la Droite Nationale. Concernant l’Election Présidentielle, je ne suis pas aujourd’hui en mesure de vous indiquer quelle sera notre attitude et nos marges de manœuvre. »

Interview de Loic Gonsolin, community manager du Parti Libéral du Québec

Dtom.fr vous propose à nouveau cette interview en date de Septembre 2014. Interview assez prémonitoire pour l’Election Présidentielle de 2017 en France. ( * : en était à l’époque le président). 

Loic GONSOLIN

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications 

Pour ceux qui sont des lecteurs assidus de dtom.fr, son nom ne sera pas inconnu puisque Loic GONSOLIN a été à plusieurs reprises contributeurs de nos colonnes. Il a malheureusement aujourd’hui moins de temps pour cela, mais c’est pour la « bonne cause » puisqu’il propose désormais au Parti Libéral du Québec ses services de community manager (responsable des réseaux sociaux, du mailing et de l’administration de sites) après de brillantes études dans un pays où selon lui les perspectives d’avenir pour la jeunesse (et notamment en Politique) sont plus que sérieuses. Cela méritait bien une interview dans un média à l’étendard plus que libéral. 

JRL : « Bonjour Loic et merci d’avoir accepté notre interview ».

LG : « Bonjour Jean-René, cela me fait plaisir et me rappelle le temps de mes contributions. »

JRL : « En effet. Une présentation s’impose cependant pour nos nouveaux lecteurs ».

LG : «Loïc Gonsolin, 21 ans, diplômé d’un bachelor (licence) en études internationales (science po Montréal), présentement étudiant à temps partiel en Master de Science po, spécialité affaires publiques et internationales avec concentration en communication politique. Je suis employé à temps plein en tant que responsable des réseaux sociaux du Parti Libéral du Québec (community manager). » 

JRL : « Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer en Politique ? Et pourquoi au Québec ? » 

LG : « Je suis allé naturellement vers la politique. J’ai d’abord commencé par m’intéresser à l’économie et au fonctionnement de celle-ci aux alentours de mon 16e anniversaire. J’ai ensuite opté, après mon bac, pour une formation universitaire générale : le diplôme d’études internationales offert par la faculté de science politique de l’Université de Montréal. J’y étudiais la politique, l’économie, l’histoire et la démographie. Bref, rien de mieux pour arriver à une bonne base de culture générale pour enchaîner au deuxième cycle universitaire. Je recommande ce programme (exigeant) à tous ! 

C’est au cours de ma première année d’études que s’est déclenchée une grande envie de prendre la plume pour soulager le bouillonnement cérébral qui m’animait au coeur des manifestations étudiantes du printemps 2012. Manifestations relatives à la hausse des frais de scolarité. 

Pourquoi le Québec ? Pour l’amour que j’ai de mon pays et de ma province d’accueil (Canada et Québec). Je dois aussi avouer que j’ai tenté ma chance en raison de l’accessibilité des élus et de la facilité à s’impliquer et travailler en politique. Ceci en raison de l’absence d’une élite quasi aristocratique qui domine et bloque l’arrivée de jeunes de la classe moyenne dans les partis politiques en France, par exemple. Les jeunes sont écoutés au Québec ! 1/3 des voix au sein des instances du PLQ sont attribuées à la commission jeunesse du parti. » 

JRL : « C’est le rêve de beaucoup, notamment à l’UMP parmi les partisans de Bruno LE MAIRE. Que veut dire comme opinion politique « Nitro Circus » sur ton profil facebook ? » 

LG : « (Rires) – Cela date de mon époque apolitique justement ! Je suis passionné de motocross, j’étais alors coureur. Disons que depuis je me suis trouvé politiquement, mais il faut savoir que Nitro Circus est une troupe de cascadeurs « libres » et je me vois toujours comme eux : en quête constante de liberté et de sensations fortes. Autrement dit, je suis pragmatique, je me tiens loin du dogmatisme et je lutte contre les dogmatiques. Si nous voulons avancer, il ne faut pas nous imposer de barrières purement idéologiques. » 

JRL : « En quoi consistent tes fonctions au sein du Parti Libéral du Québec ? Présente-nous la situation électorale de ce parti. » 

LG : « Le PLQ est le parti présentement au pouvoir au Québec (depuis Avril dernier). J’en suis le responsable des réseaux sociaux. J’effectue de longues heures de recherche pour la rédaction de contenu pour les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et emails), je m’occupe des relations entre le public (communautés en ligne) et le parti, mais je participe aussi à la gestion du site internet. Régulièrement, je procède à l’analyse des résultats de mes communications à partir de différents outils analytiques et bien sûr, je veille à me tenir à jour sur les nouveautés dans le domaine des médias sociaux et des technologies. Cela en plus de relire (vérifier) des communiqués de presse, etc. plusieurs fois par semaine. » 

JRL : « Au fait, as-tu un encartage dans un parti en France ? Si oui, dans quel mouvement en interne ? » 

LG : « Je n’ai aucune affiliation politique en France. J’aime l’idéologie de l’UMP, mais pas l’élite qui la compose. En fait, je n’aime pas l’élitisme de la politique française, tout simplement. Si je devais me décrire en une phrase, je dirais que je suis un Gaulliste hormis la position de De Gaulle sur le Québec. » 

JRL : « Vas-tu te présenter à des élections ? Au Québec ? En France ? » 

LG : « Il est très improbable que je me présente un jour. Je suis timide et pas très doué pour la communication orale. Je veux rester un homme de l’ombre. » 

JRL : « Comment vois-tu l’avenir en 2017 pour la France ? » 

LG : «Comme en 2002, mais avec l’union des « républicains » en moins pour le second tour de la présidentielle… » 

JRL : « Est-il selon toi souhaitable que le Parti Libéral Démocrate (PLD, homologue tricolore du PLQ) présente un candidat à la Présidentielle de 2017 ? » 

LG : « Je ne suis pas assez la politique française pour me prononcer sur le contexte, mais je dirai que toute division d’une famille politique est à éviter dans le contexte actuel. Il faut rassembler pour éviter une catastrophe en 2017. » 

JRL : « Ton appréciation du Parti Pirate ? » 

LG : « J’aime voir l’émergence de nouveaux partis, c’est la preuve même du fonctionnement de notre démocratie. Pour ce qui est des orientations politiques de celui-ci, je ne les connais pas assez pour me prononcer. » 

JRL : « Qui va selon toi se présenter pour le Centre, pour le MoDem, pour l’UDI ? » 

LG : « MoDem, très probablement François Bayrou, mais je ne suis plus assez la Politique française pour avoir un avis sur le sujet. »

JRL : « Qui pour l’UMP ? » 

LG : « J’ai envie de répondre à « qui j’aimerais pour l’UMP ? » alors, j’espère ni Copé, ni Fillon, ni Sarkozy. Il faut avancer, écarter les arrivistes et ceux qui ont un boulet à la cheville (et les menottes aux mains, ou presque) ;-). En fait, j’aimerais Baroin. Il est modéré, pragmatique, charismatique et intelligent. Il a tout d’un président. » 

JRL : « Qui pour le PS ? Hollande peut-il rempiler selon toi ? » 

LG : « Sans nul doute, Hollande ne se représentera pas. Il y a deux choix : 1- il fait preuve d’intelligence et de réalisme (inhabituel et improbable), et s’écarte tout seul de la course ; 2- il essaie de se représenter et se fait écarter de force. »

JRL : « Ton appréciation du FN et de Marine Le Pen ? » 

LG : « Elle est malheureusement pour de nombreux Français la dernière option. Je ne la pense pas aussi radicale et xénophobe que son père, elle est douée et c’est bien ça le problème. D’autant plus que le PS et l’UMP sont, depuis plusieurs années, à pied d’oeuvre pour qu’elle remporte la prochaine campagne électorale. » 

JRL : « Ton appréciation du RPF et de Christian Vanneste ? » *

LG : « Je ne les connais pas assez. » 

JRL : « Ton appréciation de DLR / DLF et de Nicolas Dupont Aignan ? » 

LG : « Plutôt bonne. J’apprécie le patriotisme, mais d’un point de vue économique, il y a un manque de réalisme. » 

JRL : « Côté USA, tu es : 

Pro Parti Démocrate et Barack Obama ? Pro Parti Républicain ? Pro Tea Party ? Pro Ralph Nader ? »

LG : « Observateur 😉 » 

JRL : « Pour conclure cette interview, quelle est ta figure préférée en Politique au Québec ? »

LG : « Bien évidemment, notre Premier Ministre, Monsieur Philippe Couillard. D’ailleurs, sa mère était française. C’est un homme pragmatique, économiquement de Droite, socialement du Centre qui sait se tenir loin des querelles et garder un débat de haut niveau. » 

JRL : « Merci Loic, à très bientôt ? »

LG : « A très bientôt 😉 »

Info : le PLQ est la première force politique du Québec aujourd’hui, suivi du Parti Québecois (PQ), du CAQ (Coalition Avenir Québec) et de QS (Québec Solidaire).

Plus d’informations sur le PLQ : http://www.plq.org/fr/outils-en-ligne

Le site de Loic GONSOLIN (et ses réseaux sociaux) : http://loicgonsolin.politicien.fr/2013/12/27/le-parti-liberal-du-quebec-en-quatre-points/ 

La Guerre des Front(s) Démocrate(s) aura bien lieu

Dtom.fr vous propose à nouveau cet article initialement paru dans ses colonnes en date du 20 Juillet 2014 : il a son importance car cité sur la page Wikipédia du Front Démocrate et il apporte un certain regard sur la naissance à l’époque de cette nouvelle formation politique aujourd’hui composante de la majorité macroniste… tout comme le MoDem. 

A gauche, le Front Démocrate de Jean-Philippe Jouvenel, à droite celui de Jean-Luc Bennahmias

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Ils se pensaient indispensables auprès de François BAYROU et croyaient que leur escapade marseillaise des Municipales en terres mennuccistes passerait comme une lettre à la Poste, aussitôt envoyée, aussitôt pardonnée. Il n’en fut rien. Christophe Madrolle et l’ex Vert Jean-Luc Bennahmias furent exclus du parti alors que le MoDem avait apporté officiellement son soutien à Jean-Claude GAUDIN, réélu triomphalement contre toute attente. La pilule ne passant pas chez l’écolo-démocrate, ce dernier a décidé à la mi Juin 2014 de créer le « Front Démocrate », « inspiré du Parti Démocrate des USA » et dont le lancement officiel se fera le 27 Septembre 2014. L’inspiration a toutefois ses limites, vu que l’orientation, écologiste et sociale, sera clairement de Centre Gauche, ne rejetant pas les alliances à l’avenir avec le PS. Tout allait pour le meilleur des mondes pour l’ex eurodéputé (de 2004 à 2014) si ce n’est jusqu’à l’apparition ou plutôt… réapparition d’un autre Front Démocrate, celui de Jean-Philippe Jouvenel, crée en Septembre 2011, think tank de discussion avec l’ensemble des partis politiques, et pas seulement de Gauche. L’intéressé, dans une tribune sur le site du Front Démocrate « originel », dénonce cette attitude : 

« Cela en fait-il un problème pour cet ancien député européen EELV puis MoDem ? Non, on prend le nom et on joue la carte de la loi du plus fort en usant de tous ses contacts politiques (notamment PS) et médiatiques pour s’imposer et écraser l’existant.

Utiliser la loi du plus fort dans un discours se voulant démocrate et se réclamant du conseil national de la résistance, en dehors des aspects légaux, sur le plan de la morale politique, n’est-ce pas une certaine illustration de la véracité de ses convictions ? » 

Ajoutant par ailleurs sur la nature de ses rapports avec les bras droits de Bennahmias : 

« Le 19 juin, j’ai finalement été joint par téléphone par Christophe Madrolle, qui se présente comme son bras droit, puis Cyril Chadé, de la société Polydea, qui se présente comme chargé de la comm’ et du web du Front démocrate de Bennahmias. Si Madrolle a tenté de me faire croire qu’il ignorait tout de notre existence avant le lancement de leur parti, Chadé a été beaucoup plus cru : il nous avait bien vu, mais a estimé que nous étions négligeable… Et, même s’il avait vu le formulaire de contact du blog, il n’a pas jugé opportun de nous contacter… Bien gentiment (si, si), il m’a proposé de contribuer pour eux (écrire mes textes pour qu’ils se les approprient, petite traduction pour les nouveaux en politique). Gentil non, pour s’assoir sur 3 ans d’antériorité et l’éradication de notre travail ? Un accord ? Pourquoi faire ? »

A la lecture de cette tribune, on apprend par ailleurs que Cyril Chadé avait déposé « Union Démocrate ». Un dépôt INPI datant en effet du 19 Avril 2014, révélant les véritables intentions et idées de Bennahmias. Cependant, il a du certainement y renoncer en estimant les tensions possibles avec l’UDI, dont le nom et l’acronyme auraient été très, trop proches. 

Capture d’écran du dépôt INPI de « Union Démocrate »

Cohabitant sur les réseaux et sur les blogs, leur affrontement s’est justement déplacé sur le terrain de l’INPI. Ironie du sort… ou pas, Jean-Philippe Jouvenel et Cyril Chadé sont tous les deux lyonnais et ont fait leurs dépôts à deux jours d’intervalle. Le premier a avoir dégainé est le responsable de la société Polydéa qui a déposé logo et nom le 17 Juin 2014 sous les classifications de Nice 35 (publicité), 38 (télécommunications) et 41 (éducation). A cette heure, le statut est toujours celui de la « demande publiée » et non « marque enregistrée ». Tout en sachant que la demande pourrait être « enregistrée » ou tout simplement «demande totalement rejetée ». Jean-Philippe Jouvenel est venu effectuer son dépôt 2 jours plus tard par voie de dépôt électronique également, sans déposer de logo, puisqu’il estime que son logo, sans forme ni figure est purement manuscrit. Le caractère manuscrit d’un dépôt de nom est également supposé empêcher tout autre dépôt, sauf de logo mais de fait inutilisable. Autre différence concernant son dépôt, il y a ajouté la catégorie 16 (produits de l’imprimerie), permettant le dépôt sur des objets dérivés et notamment… des imprimés et tracts.

On s’imagine aisément sur quel terrain leur affrontement va désormais se déplacer, Jouvenel pouvant estimer le préjudice moral et intellectuel subi comme évident mais aussi l’occasion rêvée de relancer son Front Démocrate qui était depuis sa naissance dans son jus, sans grande activité ni reconnaissance médiatique. 

Capture d’écran des 2 dépôts INPI « Front Démocrate »

La LDC (Ligue de Défense des Conducteurs) : le 1er parti des automobilistes ?

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications 

La Secrétaire Générale de la LDC Christiane BAYARD mène le « combat » depuis les premières heures et ne devait certainement pas s’attendre à de tels succès dans le pays où les droits de l’automobiliste et de la voiture ne cessent de reculer au fil des coups portés depuis le premier choc pétrolier par la sécurité routière (celle qui s’émeut d’une pub où un coupé français dépasse un train et qui n’a jamais vu la saga « Taxi » d’un très bon œil), les associations de victimes de la route, les écologistes (EELV, Yann Artus Bertrand, Jean Jouzel, Denis Baupin, Yves Cochet, Nicolas Hulot…) les anticapitalistes, les socialistes parisiens (Bertrand Delanoe, Ségolène Royal (ministère), Anne Hidalgo…), les utilitaristes et cyclistes notamment.

Et ce n’est pas les quelques satisfactions comme Béthune (UDI), Angers (LR) ou Saint-Omer (LR) qui sont revenues en 2014 sur des voies piétonnes pour relancer la circulation et la fluidité ou le recul du Maire de Mouans-Sartoux (à l’époque André Aschiéri) en 2008 sur son idée de péage urbain qui changent une tendance générale de plus en plus étouffante pour une majorité trop silencieuse de contribuables-automobilistes.

Pourtant, à l’instar de 40 Millions d’Automobilistes, la LDC inflige de sacrés revers aux adversaires des « 4R » : 2009 sur le 110 km/h sur Autoroute, 2010 : réduction du délai de récupération de points pour les petits excès de vitesse, 2011 : sur l’absence d’information de la présence de radars, 2012 : sur le refus de contrôle technique annuel, 2012 et 2013 sur le refus de l’éthylotest obligatoire (qui existe néanmoins dans les transports publics : bus), 2013 à 2014 : sur la baisse des limitations de vitesse prévues à l’époque, 2015 : sur le refus du périphérique parisien à 50 km/h, 2015 : sur le durcissement des conditions de baisser la vitesse à 90 km/h sur les routes, 2016 : refus de contrôle permanent des données conducteur (même si le combat continue comme l’estime elle-même la LDC), 2016 : sur la proposition du premier amendement anti-radars co-signé par 44 députés.

La nouvelle baisse des limitations de vitesse dans le viseur de plus de… 2.000.000 de pétitionnaires :

La Ligue de Défense des Conducteurs est déjà arrivée à faire plier nombre de gouvernants depuis 2009 grâce à des pétitions signées par 200.000 à 500.000 personnes en général.

Mais on pourrait dire « par seulement » 200.000 à 500.000 pour des sujets bien plus graves qu’une baisse de 10 km/h sur les routes nationales comme départementales (dont l’expérimentation ne fut « pas très concluante » selon Europe 1). 

Il n’en fallait d’ailleurs pas plus pour que le  »bon petit soldat de la bien pensance » (Le Monde) monte au créneau le 28 Décembre 2017.

Pourquoi ? Parce que la LDC a décidé de sortir l’artillerie lourde : outre ses nombreux articles et lettres sur le sujet, quand on tape dans le principal moteur de recherches « la baisse de la vitesse à 80 km/h » on tombe sur le premier lien très bien référencé en annonce sponsorisée… du site de la LDC.

(Ce qui sera encore possible si le Pouvoir ne décide pas un beau jour que défendre le droit des automobilistes lors d’une campagne électorale constitue une « fake news à déréférencer » (il n’y a en effet qu’à voir comment certains se sont crus investis d’une mission divine en voulant « hoaxbuster » la LDC lors de l’année présidentielle 2012, juste après la Présidentielle et les Législatives).

Cette campagne acharnée de ce que l’on pourrait appeler le « premier parti des automobilistes » semble porter ses fruits puisque la pétition-lettre ouverte à Emmanuel MACRON en est à son 2.100.483 ème signataire à la date du Vendredi 5 Janvier 2018 à 20h10 et 01 seconde. 

Un succès sur lequel plus aucun média ne peut faire l’impasse. Ainsi, encore le Jeudi 4 Janvier 2018 Nice Matin, considéré comme le plus grand quotidien du Sud Est écrivait sur le sujet dans sa rubrique « France ». 

La pétition s’adresse en même temps au Ministre de l’Intérieur et dit ceci :

« Monsieur le Ministre,

Attendu que vous projetez de baisser les limitations de vitesse à 80 km/h sur les routes ;

Attendu que déjà, avec les limitations de vitesse actuelles, plus de 46.900 PV pour excès de vitesse sont dressés chaque jour, et 13 millions de points de permis sont retirés chaque année ;

Attendu que, sur des routes truffées de radars-pièges (fixes, mobiles, et bientôt l’armada de voitures-radars avec chauffeurs), une baisse des vitesses-limite entraînera une explosion totalement insupportable des PV ;

Attendu que cette baisse n’a aucun fondement en matière de sécurité routière – on dispose même de données qui montrent qu’augmenter la vitesse ne nuit pas à la sécurité : en 2012, la vitesse moyenne a augmenté en France. Et pourtant, le nombre de tués sur la route a diminué de presque 8%. C’était déjà le cas entre 1998 et 2002, avec une baisse du nombre de décès sur les routes de 15 % ;

Je vous demande de mettre un terme immédiat au projet de baisse des limitations de vitesse. » 

Dans un même temps, la ligue adresse une autre pétition à Gérard COLLOMB contre la privatisation des radars mobiles embarqués.

Celle-ci recueille à cette heure selon la LDC 369.065 signatures.

Fidèle à son combat « contre la répression absurde », elle s’attaque aussi à la répression écologiste en publiant et en vendant (10€ comprenant 3€ de frais de port) un livre blanc sur l’automobile et son avenir intitulé « Et si l’avenir, c’était la voiture ? ». 

Est-ce que ces nouveaux combats seront aussi couronnés de succès ?

Wait and see…