Interview de Loic Gonsolin, community manager du Parti Libéral du Québec

Dtom.fr vous propose à nouveau cette interview en date de Septembre 2014. Interview assez prémonitoire pour l’Election Présidentielle de 2017 en France. ( * : en était à l’époque le président). 

Loic GONSOLIN

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications 

Pour ceux qui sont des lecteurs assidus de dtom.fr, son nom ne sera pas inconnu puisque Loic GONSOLIN a été à plusieurs reprises contributeurs de nos colonnes. Il a malheureusement aujourd’hui moins de temps pour cela, mais c’est pour la « bonne cause » puisqu’il propose désormais au Parti Libéral du Québec ses services de community manager (responsable des réseaux sociaux, du mailing et de l’administration de sites) après de brillantes études dans un pays où selon lui les perspectives d’avenir pour la jeunesse (et notamment en Politique) sont plus que sérieuses. Cela méritait bien une interview dans un média à l’étendard plus que libéral. 

JRL : « Bonjour Loic et merci d’avoir accepté notre interview ».

LG : « Bonjour Jean-René, cela me fait plaisir et me rappelle le temps de mes contributions. »

JRL : « En effet. Une présentation s’impose cependant pour nos nouveaux lecteurs ».

LG : «Loïc Gonsolin, 21 ans, diplômé d’un bachelor (licence) en études internationales (science po Montréal), présentement étudiant à temps partiel en Master de Science po, spécialité affaires publiques et internationales avec concentration en communication politique. Je suis employé à temps plein en tant que responsable des réseaux sociaux du Parti Libéral du Québec (community manager). » 

JRL : « Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer en Politique ? Et pourquoi au Québec ? » 

LG : « Je suis allé naturellement vers la politique. J’ai d’abord commencé par m’intéresser à l’économie et au fonctionnement de celle-ci aux alentours de mon 16e anniversaire. J’ai ensuite opté, après mon bac, pour une formation universitaire générale : le diplôme d’études internationales offert par la faculté de science politique de l’Université de Montréal. J’y étudiais la politique, l’économie, l’histoire et la démographie. Bref, rien de mieux pour arriver à une bonne base de culture générale pour enchaîner au deuxième cycle universitaire. Je recommande ce programme (exigeant) à tous ! 

C’est au cours de ma première année d’études que s’est déclenchée une grande envie de prendre la plume pour soulager le bouillonnement cérébral qui m’animait au coeur des manifestations étudiantes du printemps 2012. Manifestations relatives à la hausse des frais de scolarité. 

Pourquoi le Québec ? Pour l’amour que j’ai de mon pays et de ma province d’accueil (Canada et Québec). Je dois aussi avouer que j’ai tenté ma chance en raison de l’accessibilité des élus et de la facilité à s’impliquer et travailler en politique. Ceci en raison de l’absence d’une élite quasi aristocratique qui domine et bloque l’arrivée de jeunes de la classe moyenne dans les partis politiques en France, par exemple. Les jeunes sont écoutés au Québec ! 1/3 des voix au sein des instances du PLQ sont attribuées à la commission jeunesse du parti. » 

JRL : « C’est le rêve de beaucoup, notamment à l’UMP parmi les partisans de Bruno LE MAIRE. Que veut dire comme opinion politique « Nitro Circus » sur ton profil facebook ? » 

LG : « (Rires) – Cela date de mon époque apolitique justement ! Je suis passionné de motocross, j’étais alors coureur. Disons que depuis je me suis trouvé politiquement, mais il faut savoir que Nitro Circus est une troupe de cascadeurs « libres » et je me vois toujours comme eux : en quête constante de liberté et de sensations fortes. Autrement dit, je suis pragmatique, je me tiens loin du dogmatisme et je lutte contre les dogmatiques. Si nous voulons avancer, il ne faut pas nous imposer de barrières purement idéologiques. » 

JRL : « En quoi consistent tes fonctions au sein du Parti Libéral du Québec ? Présente-nous la situation électorale de ce parti. » 

LG : « Le PLQ est le parti présentement au pouvoir au Québec (depuis Avril dernier). J’en suis le responsable des réseaux sociaux. J’effectue de longues heures de recherche pour la rédaction de contenu pour les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et emails), je m’occupe des relations entre le public (communautés en ligne) et le parti, mais je participe aussi à la gestion du site internet. Régulièrement, je procède à l’analyse des résultats de mes communications à partir de différents outils analytiques et bien sûr, je veille à me tenir à jour sur les nouveautés dans le domaine des médias sociaux et des technologies. Cela en plus de relire (vérifier) des communiqués de presse, etc. plusieurs fois par semaine. » 

JRL : « Au fait, as-tu un encartage dans un parti en France ? Si oui, dans quel mouvement en interne ? » 

LG : « Je n’ai aucune affiliation politique en France. J’aime l’idéologie de l’UMP, mais pas l’élite qui la compose. En fait, je n’aime pas l’élitisme de la politique française, tout simplement. Si je devais me décrire en une phrase, je dirais que je suis un Gaulliste hormis la position de De Gaulle sur le Québec. » 

JRL : « Vas-tu te présenter à des élections ? Au Québec ? En France ? » 

LG : « Il est très improbable que je me présente un jour. Je suis timide et pas très doué pour la communication orale. Je veux rester un homme de l’ombre. » 

JRL : « Comment vois-tu l’avenir en 2017 pour la France ? » 

LG : «Comme en 2002, mais avec l’union des « républicains » en moins pour le second tour de la présidentielle… » 

JRL : « Est-il selon toi souhaitable que le Parti Libéral Démocrate (PLD, homologue tricolore du PLQ) présente un candidat à la Présidentielle de 2017 ? » 

LG : « Je ne suis pas assez la politique française pour me prononcer sur le contexte, mais je dirai que toute division d’une famille politique est à éviter dans le contexte actuel. Il faut rassembler pour éviter une catastrophe en 2017. » 

JRL : « Ton appréciation du Parti Pirate ? » 

LG : « J’aime voir l’émergence de nouveaux partis, c’est la preuve même du fonctionnement de notre démocratie. Pour ce qui est des orientations politiques de celui-ci, je ne les connais pas assez pour me prononcer. » 

JRL : « Qui va selon toi se présenter pour le Centre, pour le MoDem, pour l’UDI ? » 

LG : « MoDem, très probablement François Bayrou, mais je ne suis plus assez la Politique française pour avoir un avis sur le sujet. »

JRL : « Qui pour l’UMP ? » 

LG : « J’ai envie de répondre à « qui j’aimerais pour l’UMP ? » alors, j’espère ni Copé, ni Fillon, ni Sarkozy. Il faut avancer, écarter les arrivistes et ceux qui ont un boulet à la cheville (et les menottes aux mains, ou presque) ;-). En fait, j’aimerais Baroin. Il est modéré, pragmatique, charismatique et intelligent. Il a tout d’un président. » 

JRL : « Qui pour le PS ? Hollande peut-il rempiler selon toi ? » 

LG : « Sans nul doute, Hollande ne se représentera pas. Il y a deux choix : 1- il fait preuve d’intelligence et de réalisme (inhabituel et improbable), et s’écarte tout seul de la course ; 2- il essaie de se représenter et se fait écarter de force. »

JRL : « Ton appréciation du FN et de Marine Le Pen ? » 

LG : « Elle est malheureusement pour de nombreux Français la dernière option. Je ne la pense pas aussi radicale et xénophobe que son père, elle est douée et c’est bien ça le problème. D’autant plus que le PS et l’UMP sont, depuis plusieurs années, à pied d’oeuvre pour qu’elle remporte la prochaine campagne électorale. » 

JRL : « Ton appréciation du RPF et de Christian Vanneste ? » *

LG : « Je ne les connais pas assez. » 

JRL : « Ton appréciation de DLR / DLF et de Nicolas Dupont Aignan ? » 

LG : « Plutôt bonne. J’apprécie le patriotisme, mais d’un point de vue économique, il y a un manque de réalisme. » 

JRL : « Côté USA, tu es : 

Pro Parti Démocrate et Barack Obama ? Pro Parti Républicain ? Pro Tea Party ? Pro Ralph Nader ? »

LG : « Observateur 😉 » 

JRL : « Pour conclure cette interview, quelle est ta figure préférée en Politique au Québec ? »

LG : « Bien évidemment, notre Premier Ministre, Monsieur Philippe Couillard. D’ailleurs, sa mère était française. C’est un homme pragmatique, économiquement de Droite, socialement du Centre qui sait se tenir loin des querelles et garder un débat de haut niveau. » 

JRL : « Merci Loic, à très bientôt ? »

LG : « A très bientôt 😉 »

Info : le PLQ est la première force politique du Québec aujourd’hui, suivi du Parti Québecois (PQ), du CAQ (Coalition Avenir Québec) et de QS (Québec Solidaire).

Plus d’informations sur le PLQ : http://www.plq.org/fr/outils-en-ligne

Le site de Loic GONSOLIN (et ses réseaux sociaux) : http://loicgonsolin.politicien.fr/2013/12/27/le-parti-liberal-du-quebec-en-quatre-points/ 

La Guerre des Front(s) Démocrate(s) aura bien lieu

Dtom.fr vous propose à nouveau cet article initialement paru dans ses colonnes en date du 20 Juillet 2014 : il a son importance car cité sur la page Wikipédia du Front Démocrate et il apporte un certain regard sur la naissance à l’époque de cette nouvelle formation politique aujourd’hui composante de la majorité macroniste… tout comme le MoDem. 

A gauche, le Front Démocrate de Jean-Philippe Jouvenel, à droite celui de Jean-Luc Bennahmias

Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Ils se pensaient indispensables auprès de François BAYROU et croyaient que leur escapade marseillaise des Municipales en terres mennuccistes passerait comme une lettre à la Poste, aussitôt envoyée, aussitôt pardonnée. Il n’en fut rien. Christophe Madrolle et l’ex Vert Jean-Luc Bennahmias furent exclus du parti alors que le MoDem avait apporté officiellement son soutien à Jean-Claude GAUDIN, réélu triomphalement contre toute attente. La pilule ne passant pas chez l’écolo-démocrate, ce dernier a décidé à la mi Juin 2014 de créer le « Front Démocrate », « inspiré du Parti Démocrate des USA » et dont le lancement officiel se fera le 27 Septembre 2014. L’inspiration a toutefois ses limites, vu que l’orientation, écologiste et sociale, sera clairement de Centre Gauche, ne rejetant pas les alliances à l’avenir avec le PS. Tout allait pour le meilleur des mondes pour l’ex eurodéputé (de 2004 à 2014) si ce n’est jusqu’à l’apparition ou plutôt… réapparition d’un autre Front Démocrate, celui de Jean-Philippe Jouvenel, crée en Septembre 2011, think tank de discussion avec l’ensemble des partis politiques, et pas seulement de Gauche. L’intéressé, dans une tribune sur le site du Front Démocrate « originel », dénonce cette attitude : 

« Cela en fait-il un problème pour cet ancien député européen EELV puis MoDem ? Non, on prend le nom et on joue la carte de la loi du plus fort en usant de tous ses contacts politiques (notamment PS) et médiatiques pour s’imposer et écraser l’existant.

Utiliser la loi du plus fort dans un discours se voulant démocrate et se réclamant du conseil national de la résistance, en dehors des aspects légaux, sur le plan de la morale politique, n’est-ce pas une certaine illustration de la véracité de ses convictions ? » 

Ajoutant par ailleurs sur la nature de ses rapports avec les bras droits de Bennahmias : 

« Le 19 juin, j’ai finalement été joint par téléphone par Christophe Madrolle, qui se présente comme son bras droit, puis Cyril Chadé, de la société Polydea, qui se présente comme chargé de la comm’ et du web du Front démocrate de Bennahmias. Si Madrolle a tenté de me faire croire qu’il ignorait tout de notre existence avant le lancement de leur parti, Chadé a été beaucoup plus cru : il nous avait bien vu, mais a estimé que nous étions négligeable… Et, même s’il avait vu le formulaire de contact du blog, il n’a pas jugé opportun de nous contacter… Bien gentiment (si, si), il m’a proposé de contribuer pour eux (écrire mes textes pour qu’ils se les approprient, petite traduction pour les nouveaux en politique). Gentil non, pour s’assoir sur 3 ans d’antériorité et l’éradication de notre travail ? Un accord ? Pourquoi faire ? »

A la lecture de cette tribune, on apprend par ailleurs que Cyril Chadé avait déposé « Union Démocrate ». Un dépôt INPI datant en effet du 19 Avril 2014, révélant les véritables intentions et idées de Bennahmias. Cependant, il a du certainement y renoncer en estimant les tensions possibles avec l’UDI, dont le nom et l’acronyme auraient été très, trop proches. 

Capture d’écran du dépôt INPI de « Union Démocrate »

Cohabitant sur les réseaux et sur les blogs, leur affrontement s’est justement déplacé sur le terrain de l’INPI. Ironie du sort… ou pas, Jean-Philippe Jouvenel et Cyril Chadé sont tous les deux lyonnais et ont fait leurs dépôts à deux jours d’intervalle. Le premier a avoir dégainé est le responsable de la société Polydéa qui a déposé logo et nom le 17 Juin 2014 sous les classifications de Nice 35 (publicité), 38 (télécommunications) et 41 (éducation). A cette heure, le statut est toujours celui de la « demande publiée » et non « marque enregistrée ». Tout en sachant que la demande pourrait être « enregistrée » ou tout simplement «demande totalement rejetée ». Jean-Philippe Jouvenel est venu effectuer son dépôt 2 jours plus tard par voie de dépôt électronique également, sans déposer de logo, puisqu’il estime que son logo, sans forme ni figure est purement manuscrit. Le caractère manuscrit d’un dépôt de nom est également supposé empêcher tout autre dépôt, sauf de logo mais de fait inutilisable. Autre différence concernant son dépôt, il y a ajouté la catégorie 16 (produits de l’imprimerie), permettant le dépôt sur des objets dérivés et notamment… des imprimés et tracts.

On s’imagine aisément sur quel terrain leur affrontement va désormais se déplacer, Jouvenel pouvant estimer le préjudice moral et intellectuel subi comme évident mais aussi l’occasion rêvée de relancer son Front Démocrate qui était depuis sa naissance dans son jus, sans grande activité ni reconnaissance médiatique. 

Capture d’écran des 2 dépôts INPI « Front Démocrate »